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Bénédicte
Al Idrissi
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 | Sujet: La ville durable Mar 1 Avr - 13:39 | |
| Quels sont les moyens dont disposent le géographe ou l'urbaniste pour définir ce que serait la ville durable ? Au-delà de la question du bâti, penser la ville durable force à prendre en compte la ville en tant qu'espace vécu, en tant que lieu qui cristallisent tous les déséquilibres économiques, sociaux et environnementaux. Alors, quel décallage entre la réalité des villes et les objectifs du développement durable ? Des exemples de villes, de quartiers ? Des exemples d'éco-quartiers, d'éco-villes ? Des exemples de villes où le développement durable n'est pas seulement pensé comme une réduction d'énergie mais aussi comme un moyen de "défaire" les tensions de tout ordre dans la ville ? Des exemples de villes où cette problématique du développement durable n'est absolument pas appliquée (il y en a beaucoup) ? Pour vous, qu'est-ce que la "ville durable" ? |
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Bénédicte
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 | Sujet: Re: La ville durable Mar 1 Avr - 16:35 | |
| Pour lancer ce débat, je vous recommande un court article, écrit par Cyria Emelianoff, qui a soutenu sa thèse sur "La ville durable, un modèle émergent" en 1999 à l'Université d'Orléans. Cette thèse s'appuyait sur les exemples de Porto, Strasbourg et Gdansk. Retrouvez le texte sur [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]Comment définir une ville durable par Cyria EMELIANOFF "Le projet de ville durable ne peut se comprendre en dehors de son contexte, des mutations qui affectent l'habitat humain. Cet habitat devient urbain à une échelle et à un rythme sans précédent dans l'histoire. Simultanément, la ville s'étale et se disperse, des morphologies d'archipel se dessinent, la matrice de sens et de solidarité collective tend à se diluer, sauf en cas d'agression majeure. L'affirmation actuelle des pouvoirs urbains ne semble pas générer de projet politique dans cet intervalle ouvert, le plus souvent. La concurrence économique crée les conditions d'un aveuglement collectif, en faisant passer au second rang les risques, les dégradations écologiques, ou encore le creusement des inégalités, des détresses. Pourtant, dans le creuset des villes, s'inventent des tentatives, des expériences, des mobilisations associatives, des mises en réseau qui tentent de forger de nouvelles réponses aux problèmes du XXI° siècle. "Le durable" est au temps ce que le "global" est à l'espace Face aux tendances actuelles de l'urbanisation, on peut définir la ville durable en trois temps : 1. C'est une ville capable de se maintenir dans le temps, de garder une identité, un sens collectif, un dynamisme à long terme. Pour se projeter dans l'avenir, la ville a besoin de tout son passé, d'une distance critique par rapport au présent, de sa mémoire, de son patrimoine, de sa diversité culturelle intrinsèque et de projets multidimensionnels. Le mot durable rappelle en premier lieu la ténacité des villes, des villes phénix que les destructions ne parviennent pas à détruire et qui renaissent de leurs cendres, telle Gdansk. Il renvoie à la pérennité des villes dans leurs diverses expressions culturelles, à leurs capacités de résistance et d'inventivité, de renouvellement, en un mot. "Durable" est au temps ce que "global" est à l'espace : un élargissement de notre champ de vision, au-delà du court terme. Levons ici une ambiguïté : la durée ne signifie en aucun cas l'immobilisme. La durée des villes est une durée créatrice, bergsonienne . Elle fait référence au caractère fortement contextualisé des villes, toujours impliquées dans une histoire et une géographie, indissociablement urbaine et terrestre, humaine et écologique. Les longues séries pavillonnaires monocordes, l'urbanisme commercial et le "modèle de la rocade", selon l'expression de Jean-Paul Lacaze, profilent au contraire une ville qui maximise les consommations, aux antipodes d'un développement multidimensionnel. 2. La ville durable doit pouvoir offrir une qualité de vie en tous lieux et des différentiels moins forts entre les cadres de vie. Cette exigence appelle une mixité sociale et fonctionnelle, ou, à défaut, des stratégies pour favoriser l'expression de nouvelles proximités : commerces et services de proximité, nature et loisirs de proximité, démocratie de proximité, proximités aussi entre les différentes cultures de la ville, entre les groupes sociaux, entre les générations. Cela oblige à penser différemment des catégories longtemps étanches, des couples apparemment irréconciliables, pour ouvrir la voie par exemple aux parcs naturels urbains, à la ruralité en ville, aux schémas piétonniers d'agglomération, à l'économie solidaire et aux finances éthiques, ou plus simplement à la démocratie locale et globale à la fois. La proximité doit s'organiser en réponse aux coûts et aux risques lourds de l'hypermobilité, une mobilité qui est en partie contrainte. Coûts énergétique et géopolitique lié aux intérêts pétroliers, coûts climatiques reportés sur les décennies à venir et sur les pays les moins à même de faire face aux transformations et aux risques, coûts de santé publique avec une prévalence en forte hausse des maladies respiratoires, coûts économiques de congestion et d'extension des réseaux urbains, coûts sociaux pour les expatriés des troisièmes couronnes appauvris par leur budget transport, ou encore pour les populations soumises aux plus fortes nuisances automobiles. Face à ces coûts, longtemps sous-estimés, la ville durable devient une ville de relative compacité, qui peut s'accommoder de différentes morphologies urbaines, à condition que l'on parvienne à renouveler les modes de transport, leur pluralité, ainsi que les logiques de localisation qui sous-tendent l'aménagement, pour les combiner dans des configurations originales. 3. Une ville durable est, en conséquence, une ville qui se réapproprie un projet politique et collectif, renvoyant à grands traits au programme défini par l'Agenda pour le XXI° siècle (Agenda 21) adopté lors de la Conférence de Rio, il y a dix ans. Les villes qui entrent en résonance avec ces préoccupations définissent, à l'échelon local, quelles formes donner à la recherche d'un développement équitable sur un plan écologique et social, vis-à-vis de leur territoire et de l'ensemble de la planète, et elles reformulent par là même un sens collectif. Il s'agit à la fois de réduire les inégalités sociales et les dégradations écologiques, en considérant les impacts du développement urbain à différentes échelles. La "durabilité" dont l'horizon serait seulement local n'a pas de sens en termes de développement durable, caractérisé par le souci des générations présentes et futures, du local et du global. Il s'agit en somme de trouver des solutions acceptables pour les deux parties, ou encore, de ne pas exporter les coûts du développement urbain sur d'autres populations, générations, ou sur les écosystèmes. Qualité de vie et égalité Entre une définition minimale, "la ville qui dure", et une définition programmatique, "la ville qui élabore un Agenda 21 local", une troisième, médiane et pratique se réfère à la qualité de vie en milieu urbain. La disparité des revenus, l'accessibilité variable des services urbains, l'inégalité des chances en matière d'éducation n'épuisent pas le thème de l'inégalité urbaine, qui s'exprime aussi dans l'éventail à angle plat des qualités de vie. L'inégalité écologique est largement distribuée, redoublant souvent l'inégalité sociale, tout en constituant l'un des défis les plus difficiles à relever en raison de ses composantes économiques, culturelles, sociales, psychologiques, écologiques. L'environnement urbain, c'est aussi des climats, des ambiances, des aménités. Cette inégalité se mesure, ou ne se mesure pas, d'un côté en termes d'exposition aux risques mineurs ou majeurs, d'espérance de vie, de pathologies ou de vulnérabilités, de l'autre, par des formes de bonheur visuel, sensoriel, tacite, silencieux ou rieur. Les villes, les métropoles surtout, qui arrivent en tête de la performance économique et technologique, n'offrent pas les mêmes atouts au regard de la qualité de vie. C'est un des enseignements du phénomène de périurbanisation, marqué à la fois par un attachement à la ville, à sa sphère d'influence économique et culturelle, et par un détachement de son environnement urbain, une démarcation en termes de critères d'habitation et de modes de vie. La recherche d'un espace à moindre coût, première, ne peut oblitérer le désir, second, d'un environnement "renaturé", offrant quelque calme, air, espace d'épanchement pour les enfants... La ville attire, mais ne peut ignorer la fuite dont elle est simultanément l'objet. Pour endiguer quelque peu cette dispersion, sans doute est-il nécessaire d'opérer un retour critique sur la qualité de l'habitat et de l'environnement urbains. La question de la qualité de vie et de ses disparités peut être posée à toutes les échelles : quartier, commune, agglomération, pays, continent, planète, sans oblitérer les composantes culturelles de l'appréhension de l'espace. Le développement durable urbain apporte quelques éléments nouveaux de réflexion (changement climatique, risques émergents, inégalités écologiques, ...), mais il introduit surtout, pour les villes qui se prêtent à cette démarche, un questionnement d'ensemble. L'intégration de ces préoccupations nouvelles ne peut être réalisée en effet de manière compartimentée. D'autre part, le développement durable n'est pas un projet qui se greffe sur une politique. Il se définit au contraire en fonction des situations existantes, des besoins, de la volonté des acteurs locaux et des priorités qu'ils énoncent, ce qui demande de reconsidérer un ensemble de questions urbaines. Une deuxième méprise possible serait de ne considérer, dans la ville durable, que ses capacités à se maintenir, évoluer, s'adapter. La ville durable, pour reprendre les termes du rapport Brundtland, est aussi une ville qui répond aux besoins du présent. Or, un panorama rapide de l'urbanisation dans le monde, ou même dans une quelconque agglomération, fait état sans ambiguïté de situations critiques pour un certain nombre d'habitants. La propension à ne pas considérer les dimensions sociales du développement urbain durable génère une vision tronquée de la ville durable, qui peut amener des dérives vers une écologie réduite à un nouveau standard ou standing de vie. La ville durable est un projet, un horizon, en aucun cas une réalité : on peut tendre vers cet horizon, comme l'explique le rapport du groupe d'experts européens conduisant la campagne des villes durables (lancée à Aalborg), mais non réaliser in extenso un développement durable. Une ville durable est simplement une ville qui initie une ou plusieurs dynamiques de développement durable. Elle est d'abord un cadre où prennent sens des projets collectifs. Cette démarche pose des questions politiques et éthiques, relatives au développement humain planétaire et à l'héritage qui sera légué aux générations futures."
Cyria Emelianoff a soutenu en 1999 une thèse de troisième cycle de géographie à l'université d'Orléans : "La ville durable, un modèle émergeant" (Porto, Srasbourg, Gdansk)
Dernière édition par Bénédicte Tratnjek le Mar 1 Avr - 17:03, édité 2 fois |
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 | Sujet: Re: La ville durable Mar 1 Avr - 16:58 | |
| Autre article à consulter pour autour de cette réflexion sur "la ville durable" : le compte-rendu du café géo tenu à Grenoble en 2004 : " Les nouveaux paysages urbains : sous les pavés, la nature ?" par Nicole Mathieu. [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]La ville de Grenoble est d'ailleurs un bon exemple de ces questionnements, avec un mouvement d' "éco-citoyens", la mise en place de la "Biennale de Grenoble", dans le but de promouvoir un habitat durable dans la ville, son "Métro vélo" (et ce bien avant le désormais célèbre "Vélib" parisien)... Un lien sur cette ville et sa politique d'aménagement tenant compte et revendiquant un développement durable : [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
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 | Sujet: Re: La ville durable Mar 1 Avr - 17:01 | |
| Enfin, une autre référence, sur le site Géoconfluences, dans le dossier sur le développement durable : un article de Béatrice Bochet, Jean-Bernard Gay et Giuseppe Pini sur " La ville dense et durable : un modèle européen pour la ville ?" [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] |
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Thibault Renard
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 | Sujet: Re: La ville durable Mar 1 Avr - 19:29 | |
| Comme le rappelle le rapport de café géo la ville et la nature sont deux thèmes jusqu’alors antinomiques. Et personnellement, pour ma part, cela ne s’est pas arrêté dans les années 80. D’ailleurs une ville c’est un centre humain alors que la nature peut très bien se définir en tant que centre non anthropisé et non aménagé de quelque manière que ce soi.Voir une réflexion sur la notion de nature dans un autre post :Notion de nature Sinon, sur le texte de Cyria Emelianoff, quelques expressions m’échappent. Je m’en excuse d’avance mais je suis de formation hypokhâgne.
- « des morphologies d'archipel se dessinent »- « Les longues séries pavillonnaires monocordes »- « rapport Brundtland »Personnellement, je pense qu'il faut avant tout laisser les pays du sud faire leur révolution industrielle et ne pas profiter de cette « révolution malgré soi » (car on ne peut plus avancer sans oublier les dégâts causés et qu’on se doit ainsi de redonner à la nature ce que nous lui avons pris [chose impossible]) pour assouvir d’autant plus les PMA non industrialisés.Car si les pays industrialisés et développés ont mauvaise conscience il ne faut pas le reporter sur ceux qui n’ont encore rien fait de ce côté-là. Il faut donc, je pense, laisser émerger les pays du sud. Certains d’entre eux d’ailleurs prendront le raccourci de faire directement une révolution « bio-industrielle » (Emirats) mais évidemment il faut de l’argent et c’est loin d’être le cas des pays du sud…évidemment.Aujourd’hui le coût est donc trop élevé. Mais on a bien vu le coût des usines de dessalement dégringoler grâce à la technique de l’osmose inverse… (Certains pays du sud y ont maintenant accès : Arabie Saoudite, Lybie, Emirat de Dubaï…etc.) Donc la seule chose qui va probablement aller à l’encontre de cette « bio-industrialisation» qui se veut universelle au sens qu’elle est indispensable pour les générations futures c’est le fait que les pays du nord vont certainement laisser les coûts de l’aménagement durable grimper ou stagner pour ne pas laisser les pays du sud émerger trop rapidement (capitalisme économique dans lequel nous vivons). Ici, je me projette et je donne mon avis.J’appelle bio-industrialisation (bio=> adverbe=> de manière complètement naturelle + opposition à l’industrialisation lourde qui est un cycle linéaire au sens où les matières premières exploitées sont limitées (énergies fossiles dans l’ensemble).Pour moi, une ville qui veut connaître un développement durable (développement c’est une évolution alors que durable c’est une fin => mauvaise expression) doit avoir fait sa bio-industrialisation. Cette bio-industrialisation doit être d’une grande envergure thématique, du fait social à l’énergie en passant par un patrimoine déclassé. En effet, comment réaménager une ville comme Paris, sinon au compte-goutte sans la détruire ? C’est tout un héritage qui devra disparaître, tôt ou tard, irrémédiablement. Sinon, le « développement durable » restera du socialisme utopique. Je perçois une ville durable comme la cité que Platon évoque dans la République sur un plan social.Enfin presque car on en voit les excès. C’est d’ailleurs assez extrémiste comme vision des choses, mais qui dit durable dit perfection.(infanticide volontaire sur les handicapés par exemple : cf Platon) Après il faut donc voir les limites de ce développement durable. Cette ville aurait un aspect qui pour l’instant ne peut en aucun cas être décrit quoique…« La ville durable est un projet, un horizon, en aucun cas une réalité » Cette phrase d’Emelianoff est certainement déjà dépassée à en voir la nouvelle ville bio-industrialisée aux Emirats Unis
Voici un article que j'aime bien :
Au lieu de détruire et de reconstruires les villes, pourquoi ne pas en construire d'autres? "A coté des villes les plus riches du monde, c’est dans l’un des plus gros producteurs d’hydrocarbures au monde, l’état des Emirats Arabes Unis, que fut lancé en 2006 le projet de ville complètement libre de toutes émissions de CO2, livre aussi de toute circulation automobile : le projet MASDAR était né, il prévoit 22 millions de dollars d’investissements pour une population de 50000 habitants sur 6.5 km2 à l’horizon 2015. La construction vient juste de commencer, mettant en valeur la démarche environnementale des Emirats. Masdar City, qui signifie “source” en arabe, fonctionnera exclusivement au moyen d’énergies renouvelables, dont l’énergie solaire, une ressource constante dans le désert de l’émirat. Ses 50.000 habitants circuleront en utilisant des tramways et une série d’autres moyens de transport automatiques. Contrairement aux somptueuses tours de la ville d’Abou Dhabi, une maquette de Masdar City, conçue par le groupe Foster and Partners, montre des constructions basses et équipées en panneaux solaires sur les toits. Malgré l’abondance du soleil, seuls les parcmètres sont actuellement alimentés en énergie solaire aux Emirats qui, à l’instar des autres monarchies pétrolières du Golfe, utilisent encore peu l’énergie solaire. Des solutions innovantes seront mises en oeuvre pour remplacer les batteries de climatiseurs qui rendent la vie moderne possible dans le désert d’Abu Dhabi : la cité sera située non loin de la mer et un mur de ceinture devra la protéger de l’air chaud soufflant du désert et du vacarme de l’aéroport international de la région. L’eau douce, rare, sera extraite des eaux salées du Golfe Persique et désalinisée à l’énergie solaire, tandis qu’une des premières grandes usines de fabrication d’hydrogène tentera de valider la pertinence de cette solution." cf : [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] ______________________________________________ La géographie c'est comme une chocolatine : ça se partage! [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] |
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Bénédicte
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 | Sujet: Re: La ville durable Mar 1 Avr - 20:10 | |
| On peut avoir une autre lecture du concept de "développement durable" ==> un développement pensé sur le long terme. L'expression a été promue suite aux réflexions sur les limites d'un seul développement économique des territoires (villes, régions ou pays). Le problème d'un développement purement économique était d'accentuer exponentionnellement et rapidement des inégalités socio-spatiales (à l'échelle de la ville, cela donnait une modernisation accrue d'un centre-ville, l'émergence d'une minorité très riche, et la paupérisation du reste de la population). D'où des tensions entre catégories sociales très accrues, et ainsi un modèle de développement qui posait très rapidement des problèmes sociaux et politiques. L'expression "développement durable" tend à questionner le développement dans tous les domaines. A l'échelle de la ville, il convient donc de penser le développement économique, tout en pensant à apaiser les tensions sociales à long terme, au lieu de les attiser. |
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Bénédicte
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 | Sujet: Re: La ville durable Mar 1 Avr - 20:20 | |
| "Durable" ne veut donc pas dire "muséifié" ou "figé", au contraire il faut penser le développement à long terme, en prenant en compte les futures évolutions qu'impliquera le développement mis en place aujourd'hui. Il est vrai que cette notion de développement durable pose également des limites. Notamment celle d'être devenue une expresssion "fourre-tout". Ou à l'autre extrême, de n'être réduite qu'à la seule idée de réduction de la consommation de l'énergie. Jean-Pierre Paulet (Le développement durable, 2005, Ellipses, collection Transversale Débats, pp. 124-130) a tenté de définir les exigences de cette ville durable (donc du développement de la ville pensé à long terme et à l'échelle de la ville toute entière), en distinguant ainsi des nécessités : - un bon système de gouvernance - la participation des habitants au développement - la protection de l'environnement et des ressources - une adaptation et une inovation permanentes - la préservation des possibilités de choix des générations futures - des objectifs sécuritaires - une qualité de vie dans le temps et dans l'espace - la pérennité du patrimoine (culturel, historique, identitaire...) - la préservation des grands équilibres régionaux et mondiaux |
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 | Sujet: Re: La ville durable Ven 28 Nov - 1:14 | |
| mouais mouais, j'ai quand meme tendance a etre plus que sceptique des qu'on me parle de développement durable, le dogme des années 2000.
Outre le fait de l'utilisation abusive du terme "durable" (j'ai meme vu un titre "design durable" dans le monde aujourd'hui), je me pose des questions sur la validité d'un tel concept. C'est d'ailleurs un sujet sur lequel je vais me pencher apres les partiels pour voir si je peux potentiellement en faire un sujet de master.
pour ce qui est du développement, je conseille "le développement, une croyance occidentale" de Rist. D'ailleurs si vous avez des ouvrages d'auteurs critiques envers le sujet, je suis preneur. |
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lyss09
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 | Sujet: Re: La ville durable Mar 2 Déc - 4:04 | |
| La ville durable a un nom, Fribourg, en Allemagne, plus présisément le quartier Vauban. Toutes les grandes villes du monde devraient avoir des projets d'urbanisme comme ca. [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] |
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 | Sujet: Re: La ville durable Mer 3 Déc - 10:03 | |
| le concept de durabilité a une echelle ne vaut rien s'il n'est pas articulé avec les autres echelles (verticalement) et avec les autres entités de meme echelle (horizontalement).
Bref, ca sert a quoi un quartier comme ca au milieu de mexico? |
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Thibault Renard
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 | Sujet: Re: La ville durable Mer 3 Déc - 11:07 | |
| A se faire prophète d'une nouvelle donne internationalle à venir je pense ______________________________________________ La géographie c'est comme une chocolatine : ça se partage! [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] |
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 | Sujet: Re: La ville durable Mer 3 Déc - 12:03 | |
| Ah ouais parceque un quartier de bobo au milieu des bidonvilles, c'est sur que c'est la paix sociale assurée.
C'est quoi ta nouvelle donne internationale? |
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 | Sujet: Re: La ville durable Jeu 4 Déc - 16:44 | |
| non? pas de réponse?
bon moi pour développer un peu mon propos, je trouve vos visions du développement durable tres limitée. Elle ne prend pas du tout en compte le caractère systémique des sociétés, et se cantonne à des echelles cloisonnées les unes des autres.
Quand a l'histoire de la nouvelle donne, je comprends toujours pas ce que ca veut dire... c'est un fantasme? ou tu as des arguments pour etayer?
Dépenser des sommes astronomiques pour faire des quartiers comme ceux la, je trouve ca difficilement concevable dans des pays ou la moitié de la population crève de faim. Mais bon ca fait mousser l'occident de croire qu'il montre l'exemple, et ta phrase Thibault en est un tres bel exemple. |
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Thibault Renard
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 | Sujet: Re: La ville durable Ven 5 Déc - 3:04 | |
| développer l'économie de marché par les préoccupations environnementales. ______________________________________________ La géographie c'est comme une chocolatine : ça se partage! [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] |
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 | Sujet: Re: La ville durable Ven 5 Déc - 10:39 | |
| tu peux développer? je comprends pas le lien entre économie de marché et developpement durable.
Parceque la loi du marché entraine la compétition entre les territoires, il y a certes une émulation economique, mais au détriment du social, et bien souvent de l'environnement.
Par ailleurs je pense pas que les meilleurs exemples de développement durable soit l'oeuvre de l'economie de marché, mais tout au contraire d'interventionnisme public.
Bref développe un peu plus parceque la je comprends vraiment pas ta vision du developpement durable, enfin, si je la comprends, c'est celle des hommes qui vivent dans leur tour d'ivoire, avec de joli concept, mais qui ignorent l'impact sur les 3/4 de l'humanité, et qui a vrai dire, s'en soucient peu, parcequ'ils sont animés d'une profonde foi en leur concept fumeux. |
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 | Sujet: Re: La ville durable Sam 10 Jan - 0:10 | |
| "Par ailleurs je pense pas que les meilleurs exemples de développement durable soit l'oeuvre de l'economie de marché, mais tout au contraire d'interventionnisme public." C'est pas si faux. On peu prendre l'exemple de l'état californien dont schwarzeneger est le gouverneur. Il contribu a financer l'achat de panneaux solaire pour les particulier. Ainsi, chaque personne qui fait poser des panneaux solaires en Californie se voit aider directement par l'etat. En france, cette aide se fait au niveau de la feuille d'impôt... Là le financement est direct. Celà a contribué a faire exploser le marché du panneaux solaire en californie et donc une création d'un grand nombre d'emploi. Ainsi, l'interventionisme public peut contribuer à dynamiser l'économie de marché, et à favoriser dans le même temps une politique de dvlp durable. finalement régis tes idées sont très proche des idées de Thibault. Elles se complétent. |
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 | Sujet: Re: La ville durable Sam 10 Jan - 11:52 | |
| Encore une fois vous vous bornez a penser a une echelle micro. Le développement de l'economie de marché c'est pas uniquement le marché des panneaux solaire sur une region hyper fortunée. donc non, il n'y a pas de rapport entre mes propos et ceux de thibault. considerez donc la complexité des mécanismes économiques, sociaux et spatiaux dans une perspective multiscalaire. |
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steel
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 | Sujet: Re: La ville durable Sam 10 Jan - 15:33 | |
| C'est justement ce que j'essayer de faire. La californie n'est pas une micro société (Environ 40 000 000 d'habitant). Et le global waming solution act de 2006 n'est pas uniquement affaire de panneaux solaire ( réduction des gaz à effet de serre comme le dioxyde de carbonne, methane...). Je prenais seulement l'exemple des panneaux solaire pour faire la comparaison avec la france. Mais t'a pas tout a fait tort c'est sur que sa serait difficile pour une économie faible de developper une politique de dévelopement durable. Je pense pas que le developpement durable soit une priorité pour un pays pauvre. Mais l'exemple de la Californie montre qu'une économie peut être relancé sur la base d'une politique qu'on pourrait qualifier de "durable" ou "écolo" en créant de nouveau marché et donc créateur d'emploi grace à de nouveaux objectifs dit "environementaux". |
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 | Sujet: Re: La ville durable Sam 10 Jan - 17:28 | |
| c'est un dialogue de sourd? le durable c'est pas l'ecologie hein! faut pas tout confondre.
en quoi les mesures environnementales resorbent les énormes inégalités sociales que l'ont trouve dans le sud est etats_uniens? Votre vision du developpement durable est celle partagée par la majorité del a population, un espece de mensonge bien hyppocrite, selon lequel on cree des emplois patati patata. tu connais la proportion de pauvres en californie? tu sais le nombre d'immigrés clandestins exploités pour faire tourner ta machine durable?
Bref,encore une fois, considerez le systeme dans son ensemble, pas seulement la partie jolie que les hommes politiques presente comme une révolution. |
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steel
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 | Sujet: Re: La ville durable Sam 10 Jan - 20:46 | |
| Je comprend pas. Le but du développement durable n'est pas de réduire les inégalités sociales. Sa a complétement rien à voir. Le développement durable a pour ambition de limiter la consomation, afin que les générations futurs puissent vivre elle aussi le même niveau de vie que nous connaissons. Je vais quand même pas t'expliquer ce qu'est le développement durable? Réduire les inégalité sociales ne se fait pas par une politique de développement durable. Sa se saurait sinon.... Développement durable ou pas, c'est pas sa qui fera réduire le nombre d'immigrés clandestin. Pa contre la pauvreté pourquoi pas. Le développement durable ouvre de nouveaux marchés dans lesquels les pauvres peuvent s'insérer. C'est d'ailleurs pour sa que les Californiens ont cré le global warming solution act. |
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