Pour vous remonter le moral !
Analyse statistique des candidats venus suer sur les nouvelles épreuves du capes, par Laurent Carroué, président du concours. Le texte original contient des tableaux que je peux reproduire ici.
CAPES EXTERNE D’HISTOIRE ET DE GÉOGRAPHIE
Paris, le 7 décembre 2010
1er approche du CAPES 2011
à l’issue des épreuves écrites de novembre 2010
Laurent CARROUE
Inspecteur général
Président du concours.
Alors que viennent de se tenir les épreuves écrites des concours (public et privé), il nous semble important de fournir aux préparateurs, candidats et membres du Jury quelques clefs de lecture statistiques sur les écrits du concours 2011. Notre objectif est de fournir un tableau de synthèse des évolutions nationales afin que chacun dispose des outils nécessaires à une bonne appréhension générale des mutations progressivement introduites par la mastérisation. Grâce à ces données, qui complètent avantageusement celles déjà fournies dans le rapport 2010 du Jury, les centres de préparations disposent ainsi d’un gamme d’outils permettant de réfléchir au déploiement des offres locales et régionales de formation.
Les cinq axes dégagés dans ce texte ‐ à partir des statistiques disponibles fournies par la DGRH du Ministère ‐ permettent déjà de dégager deux conclusions importantes alors que les candidats et les préparateurs sont en attente des résultats de l’admissibilité à l’oral, qui seront rendus public fin janvier 2011, et vont s’engager dans la préparation des épreuves orales de juin/juillet 2011 :
Premièrement, jamais le ratio postes/candidats n’a été aussi favorable aux candidats (axes 1 et 2). Ce facteur – essentiel – doit être un vecteur de forte mobilisation pour préparer dès maintenant les épreuves orales d’admission.
Deuxièmement, contrairement à toute attente, la dynamique des préparations demeure organisée sur une logique nationale d’une grande diversité qui ne témoigne d’aucune marginalisation des centres universitaires petits ou moyens face aux grands centres universitaires métropolitains (axes 3, 4 et 5). La mobilisation locale et régionale et l’investissement des différents acteurs et des équipes concourant à la préparation demeurent les facteurs essentiels de réussite.
Dans un contexte difficile, cette première approche constitue donc un message positif. Elle est un encouragement du Président, du directoire et de l’ensemble du Jury du concours à continuer le travail engagé par les candidats et les préparateurs.
1. Une forte baisse des inscriptions renforcée par la mastérisation
Depuis plusieurs années, le nombre d’inscrits au Capes externe (public + privé) connaît une lente et régulière érosion. Il passe de 7 855 en 2007 à 5 829 en 2010, soit un recul de ‐ 2 026 inscrits entre ces deux dates (‐ 25,7%).
Dans ce contexte général, l’introduction de la mastérisation – du fait d’une large déstabilisation des préparations liée en particulier au report des dates des écrits d’avril à novembre durant cette année transitoire entre deux systèmes très différents – se traduit par un véritable décrochage. En 2011, le nombre d’inscrits recule de 23%. Au total, ces cinq dernières années le nombre d’inscrits au concours recule de ‐ 3369 candidats, soit une hémorragie de 43%. Si globalement le recul des inscrits au Capes externe d’histoire et de géographie est sensiblement moindre que dans d’autres disciplines, il demeure cependant tout à fait considérable.
2. Une évolution paradoxale : effondrement du nombre des présents, un ratio postes/présents historiquement très favorable.
Afin de bien comprendre les dynamiques du concours, il convient dans un premier temps d’analyser le rapport entre candidats inscrits et candidats présents aux épreuves écrites. Globalement, entre 2007 et 2010, le nombre de candidats inscrits participant aux épreuves écrites d’admissibilité à l’oral est en moyenne de 69,5%.
Traditionnellement donc, un petit tiers des inscrits administratifs ne participe pas aux écrits.
Mais la mastérisation se traduit aux écrits de novembre 2011 par une véritable rupture historique puisque le pourcentage d’inscrits participant aux épreuves écrites tombe à 55,7%. Le taux d’abandon est donc cette année de 44,3 %. D’après nos informations, trois facteurs jouent un rôle majeur : incertitudes liées à la mastérisation, chevauchement entre juin et août 2010 avec d’autres concours « concurrents » (cf. CRPE, prof. des écoles), inscription de nombreux candidats dans des masters recherche en attendant une clarification de la situation dans les deux ans qui viennent.
Cette baisse du nombre d’inscrits (‐ 43%) et des présents aux épreuves écrites (‐ 55,8%) est sans commune mesure avec l’érosion des postes globalement proposés aux 3 concours (public et privé) puisque celui‐ci recule entre 2007 et 2011 de 870 à 657 (‐213, ‐24,5 %).
Ce processus aboutit à une situation paradoxale. Le ratio entre les candidats présents aux écrits et le nombre de postes offerts tombe de 6,5 candidats pour un poste en 2007 à 3,7 en 2011. On peut donc considérer qu’historiquement jamais le ratio postes/candidats n’a été aussi favorable aux candidats participant cette année aux épreuves écrites.
Cette information est particulièrement importante pour les centres de préparation qui vont à partir de décembre 2010 préparer les candidats aux épreuves orales d’admission qui vont se dérouler en juin/juillet 2011.
3. Évolution de la géographie générale des présents aux épreuves écrites
Si la France métropolitaine joue toujours un rôle majeur en fournissant l’écrasante majorité des candidats au concours national, on observe une érosion des présents un peu plus faible globalement dans les DOM et les centres d’épreuves à l’étranger.
[b]4. Évolution de la géographie métropolitaine des présents aux épreuves écrites[/b]
L’étude de l’évolution des candidats présents aux épreuves écrites entre 2007 et 2011 fait apparaître des trajectoires contrastées entre académies ou grands pôles d’examen. Pour un recul métropolitain moyen de – 56 %, les écarts vont de – 31,2 % pour Brest à – 71,3 % pour Poitiers, Corse mise à part. Des régions comme Brest, Reims, Montpellier, Caen, Nice, Bordeaux, Rouen, Rennes ou Nantes semblent – relativement – mieux résister à cette érosion générale alors que les pôles de Dijon, Limoges, Poitiers, Clermont Ferrand, Lille ou Amiens se révèlent plus fragiles.
5. 2010/2011 : peut-on mesurer l’impact géographique de la mastérisation ?
Dans cette difficile année transitoire, est‐il possible d’évaluer à l’issue des épreuves écrites de novembre 2011 l’impact de la mastérisation sur les préparations aux concours ? Il faudrait pour cela disposer de corrélations solides entre inscrits, présents aux épreuves écrites, admissibles et admis.
L’évaluation territoriale par grandes régions des candidats ayant composé les épreuves écrites et leurs évolutions entre 2010 et 2011 ne permettent pas pour l’instant de tirer de véritables conclusions tant les différences de structures et oppositions de trajectoires font apparaître de profonds contrastes. Il n’apparaît clairement ni grandes logiques territoriales structurelles (grand ouest, nord‐est, grand sud …), ni logiques liées directement à la hiérarchie urbaine (grands centres universitaires/petites unités).
Ceci est une bonne nouvelle pour un concours national de recrutement de la fonction publique enseignante. En effet, cela signifie en effet que les logiques de marginalisation des petits centres face aux grandes préparations métropolitaines ne fonctionnent pas mécaniquement comme on aurait pu s'y attendre.
La vitalité des préparations repose sans aucun doute d’abord et avant tout sur la plus ou moins forte et efficace mobilisation locale et régionale des équipes universitaires et de formateurs.